Diagnostic TDAH enfant : pourquoi c'est crucial de ne pas attendre
Soyons honnêtes : vous avez peut-être peur de "coller une étiquette" à votre enfant. Vous vous dites "et si ce n'était qu'une phase ?", "et s'il grandissait tout simplement ?", "et si on se trompait ?". Ces petites voix intérieures sont OK. On vous comprend. Vraiment. Mais voilà la réalité : le diagnostic n'est pas une étiquette, c'est une clé. La clé qui transforme "il ne veut pas" en "il ne peut pas". Et ça, ça change absolument tout.
Ce qui se passe quand on attend trop
Chaque mois sans diagnostic, c'est :
- Des remarques qui s'accumulent à l'école : "peut mieux faire", "ne suit pas", "perturbe la classe",
- Une estime de soi qui dégringole : votre enfant finit par croire qu'il est "nul", "bête", "méchant",
- Des conflits familiaux qui s'intensifient : les devoirs deviennent un enfer, les matins une bataille,
- Un décrochage scolaire qui s'installe : le retard s'accumule, la motivation s'effondre,
- Un risque de troubles associés : anxiété, dépression, comportements à risque à l'adolescence.
Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de 2024, l'accès à un diagnostic formel et à une prise en charge précoce est un enjeu majeur pour éviter l'aggravation des conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales chez l'enfant.
Ce qui change avec un diagnostic posé
Tout. Absolument tout. Avec un diagnostic TDAH formel :
- Votre enfant comprend enfin : "ce n'est pas de ma faute, mon cerveau fonctionne différemment",
- L'école s'adapte : aménagements concrets (PAP), bienveillance des enseignants, arrêt des punitions injustes,
- Vous passez de la culpabilité à l'action : vous savez quoi faire, comment aider, vers qui vous tourner,
- Les solutions deviennent accessibles : thérapies, outils, accompagnement parental, traitement si nécessaire,
- L'avenir se redessine : avec les bons outils, votre enfant peut révéler tout son potentiel.
Entre nous... poser un diagnostic, ce n'est pas enfermer votre enfant dans une case. C'est lui donner un nom à ce qu'il vit. Et avec un nom, on peut agir. En résumé : diagnostic = place à l’action !
Pensez au diagnostic comme à des lunettes. Votre enfant voit flou depuis toujours. Le diagnostic, c'est la prescription qui permet enfin de voir net. Vous ne lui "donnez" pas un trouble, vous lui donnez les moyens de mieux vivre avec.
Les signes qui doivent vous mettre en alerte
Avant de foncer chez le médecin, vous vous demandez sûrement : "Mais est-ce que c'est vraiment un TDAH ou juste... un enfant un peu turbulent ?"
Logique, non ? Parce que tous les enfants oublient leurs affaires, bougent beaucoup et répondent trop vite parfois. Alors comment savoir ?
Les 3 grandes catégories de signes
Le TDAH se manifeste par trois types de symptômes, dont l'intensité varie selon chaque enfant : l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité
L'inattention ou votre enfant est dans la lune
À la maison :
- Il faut répéter 10 fois avant qu'il entende,,
- Il commence une activité mais ne la finit jamais
- Ses affaires ? Égarées en permanence (cartable, doudou, cahier, stylos...),
- Son bureau ? Un champ de bataille organisé selon une logique que lui seul comprend,
- Les consignes ? Il en retient la moitié.
À l'école :
- Fait des fautes d'étourderie "bêtes" alors qu'il connaît sa leçon,
- Ne note pas les devoirs dans l'agenda,
- Perd le fil en cours, décroche au bout de 5 minutes,
- On dit de lui : "il est dans ses rêves", "il n'écoute jamais".
L'hyperactivité ou votre enfant est est monté sur ressort
À la maison :
- Ne tient pas en place pendant un repas,
- Court partout dans les magasins,
- Grimpe sur les meubles,
- Incapable de regarder un film sans bouger,
- Tripote, touche, manipule tout ce qui passe à portée de main.
À l'école :
- Se tortille sur sa chaise, se lève sans permission,
- Fait tomber ses affaires régulièrement,
- Commente à voix haute, chantonne, siffle,
- On dit de lui : "c'est une pile électrique", "il perturbe la classe".
L'impulsivité ou votre enfant "réagit avant de réfléchir"
Au quotidien :
- Répond avant la fin de la question,
- Coupe la parole constamment,
- Ne peut pas attendre son tour (dans les jeux, à la caisse, en classe),
- Agit sans évaluer le danger (traverse sans regarder, grimpe trop haut...),
- Dit ce qui lui passe par la tête sans filtre,
- Des crises explosives pour un rien.
Vous voyez le tableau ?
Différence filles vs garçons : attention au sous-diagnostic
Chez les filles, le TDAH est moins bien repéré et souvent sous-diagnostiqué. Les filles présentent habituellement des symptômes plus difficilement identifiables, avec une forme inattentive plus fréquente.
Les filles avec TDAH :
- Sont moins hyperactives physiquement (mais leur cerveau mouline tout autant),
- Ont surtout des troubles de l'attention ("rêveuses", "distraites"),
- Compensent mieux en classe (jusqu'au collège, où ça s'effondre),
- Intériorisent davantage (anxiété, dévalorisation),
- Passent sous le radar des enseignants.
Résultat ? Elles sont diagnostiquées beaucoup plus tard. Parfois à l'adolescence, quand la charge mentale devient ingérable.
"Mon enfant est juste turbulent ou c'est vraiment un TDAH ?"
Excellente question. Voici les 3 critères qui font la différence :
1. La durée : plus de 6 mois. Ce n'est pas une phase passagère liée à un événement (déménagement, naissance d'un petit frère, rentrée scolaire). Les symptômes doivent persister pendant plus de 6 mois. Source : Recommandations HAS - Annexe 3, page 58.
2. Les contextes multiples : partout. Ce n’est pas moi qui le dis c’est écrit dans la Classification Internationale des Maladies (CIM) , éditée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et citée dans les Recommandations HAS, page 61 : “ Afin qu’un diagnostic puisse être posé, les manifestations d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité doivent être évidentes dans plusieurs situations ou cadres (par exemple, à la maison, à l’école, au travail, avec des amis ou des parents), mais sont susceptibles de varier selon la structure et les exigences de l’environnement. “
3. Le retentissement : ça fait souffrir. Les troubles doivent avoir un retentissement important sur la vie quotidienne, en particulier sur la vie scolaire, sociale et familiale. Votre enfant souffre. Vous souffrez. L'ambiance familiale est tendue. Les résultats scolaires chutent. Il se fait rejeter par les copains.
Pas de troubles = pas de TDAH. Même s'il y a des signes.
Un enfant peut être turbulent, distrait, speed... sans avoir de TDAH. C'est le retentissement qui fait basculer dans le trouble. Demandez-vous : est-ce que mon enfant souffre de son fonctionnement ? Est-ce que ça abîme son estime de lui ? Si oui, il est temps de consulter.
Diagnostic TDAH enfant : qui peut le poser ?
Petit préambule qui a son importance : aucun examen de laboratoire n’est disponible pour le diagnostic du TDAH (Je vous en dis plus dans la FAQ à la fin). Mais la filière de soin pour les enfants atteints de TDAH est structurée en 3 niveaux. Médecin traitant, pédiatre, pédopsychiatre, neuropédiatre, CMP, CMPP, plateforme de coordination et d’orientation (PCO)... Vous vous y perdez, pas vrai ? On va clarifier tout ça. Promis.
Niveau 1. Le repérage : votre point de départ
Qui ?
- Votre médecin traitant,
- Le pédiatre qui suit votre enfant,
- Le médecin scolaire,
- Le médecin de PMI.
Leur rôle ?
- Écouter vos inquiétudes,
- Observer votre enfant,
- Utiliser des questionnaires de repérage (SNAP-IV, échelle de Conners*),
- Orienter vers un spécialiste.
(*La version la plus récente du questionnaire de Conners a bénéficié d’une mise à jour en référence aux critères du DSM-5, mais sa traduction en français n’est toujours pas validée. Il permet de rechercher des troubles associés (anxiété et TOP (trouble oppositionnel avec provocation) traduit mais non validé en français.)
En présence d'un signe d'alerte, le médecin qui suit l'enfant organise une consultation dédiée au repérage des signes de trouble du neurodéveloppement.
Ce qu'ils ne peuvent PAS faire : poser le diagnostic formel de TDAH (sauf s'ils ont suivi une formation spécialisée).
Niveau 2. Le diagnostic : le cœur du parcours
Qui peut diagnostiquer un TDAH ?
Tout médecin formé au diagnostic et au traitement du TDAH peut poser le diagnostic. Il est recommandé que le diagnostic soit posé par un médecin "spécialisé" du TDAH, c'est-à-dire :
- Pédopsychiatre
- Psychiatre
- Neuropédiatre
- Pédiatre (formé au TDAH)
- Neurologue
- Médecin généraliste ayant validé une formation spécifique au TDAH
Où les trouver ?
- En libéral (cabinet privé) : délais souvent longs (6 mois à 2 ans), reste à charge parfois élevé
- CMP (Centre Médico-Psychologique) : gratuit, mais délais très longs,
- CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique) : gratuit, accès parfois plus rapide,
- CAMSP (Centre d'Action Médico-Sociale Précoce) : pour les enfants de 0 à 6 ans,
- Plateforme PCO (on y revient juste après).
Les Plateformes PCO : votre meilleur allié pour les 0-12 ans
Vous en avez entendu parler ? Les Plateformes de Coordination et d'Orientation (PCO), c'est LA solution pour accélérer le diagnostic. Comment ça marche ?
Les PCO sont un dispositif national pour orienter les enfants de moins de 12 ans présentant des écarts inhabituels dans leur développement, pour engager une intervention coordonnée.
Vous êtes orienté par votre médecin traitant ou pédiatre. Pas besoin d'attendre un diagnostic formel pour y accéder. Dès qu'il y a suspicion de trouble du neurodéveloppement, vous pouvez être pris en charge.
Les avantages :
- Accès rapide à des bilans (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, neuropsychologie),
- Forfait d'Intervention Précoce : prise en charge financière des séances par l'Assurance, Maladie pendant la première année (avant même le diagnostic !),
- Coordination de tous les professionnels,
- Accompagnement de votre famille.
Où trouver votre PCO ? Consultez la liste sur le site https://www.sante.fr/reperage-et-prise-en-soins-des-troubles-du-neuro-developpement-grace-aux-plateformes-de-coordination#p-3 ou demandez à votre médecin.
Niveau 3. Les cas complexes : expertise complémentaire
Parfois, le tableau est plus compliqué :
- Plusieurs troubles associés (TDAH + autisme + dyslexie...)
- Forme atypique
- Échec des prises en charge habituelles
Dans ces cas, vous pouvez être orienté vers un centre expert en CHU. Ces centres offrent une prise en charge avancée pour les formes complexes du TDAH, coordonnent le réseau de soins et participent à la recherche.
💡 Tableau récapitulatif : qui fait quoi ?
| Niveau | Qui ? | Rôle | Où ? |
| <strong>1 - Repérage</strong> | Médecin traitant, pédiatre, médecin scolaire | Repère, oriente, rassure | Cabinet, école, PMI |
|---|---|---|---|
| <strong>2 - Diagnostic</strong> | Médecin spécialisé TDAH | Pose le diagnostic, propose la prise en charge | Libéral, CMP, CMPP, CAMSP, PCO |
| <strong>3 - Expertise</strong> | Centre expert | Cas complexes, recherche, formation | CHU |
Vous suivez ? Maintenant, on rentre dans le vif du sujet : le parcours diagnostic étape par étape.
Les étapes du diagnostic TDAH chez l'enfant
Allez, c'est parti ! On déroule le GPS, étape par étape.
Étape 1 : la consultation de repérage (médecin traitant ou pédiatre)
Durée : 1 consultation, d’environ 1 heure. Ce qui se passe : Le médecin va :
- Vous écouter longuement raconter le quotidien,
- Observer votre enfant (comment il se comporte en consultation),
- Vous poser des questions précises sur les symptômes,
- Peut-être vous donner des questionnaires à remplir (vous et l'enseignant).
Ce qu'on vous demande d'apporter :
- Les bulletins scolaires (tous, depuis la maternelle si possible),
- Les cahiers de votre enfant (pour voir l'écriture, les erreurs, l'organisation),
- Les observations des enseignants (cahier de liaison, remarques...),
- Le carnet de santé.
L'Issue : soit le médecin pose lui-même le diagnostic (s'il est formé), soit il vous oriente vers un spécialiste ou une PCO.
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Étape 2 : le bilan diagnostique (médecin spécialisé)
Durée : Plusieurs consultations (généralement 2 à 4).
Soyons honnêtes : ça prend du temps. Mais c'est nécessaire pour ne pas se tromper.
Consultation 1 : l'entretien approfondi
Il est recommandé de conduire un entretien avec l'enfant et ses parents afin d'évaluer le développement de l'enfant dans toutes ses dimensions (neurologique, psychomotrice, affective, psychologique et cognitive).
Le médecin va explorer :
- L'histoire développementale : comment s'est passée la grossesse, l'accouchement, les premières années Les antécédents familiaux : y a-t-il du TDAH dans la famille ? Des troubles des apprentissages ? Des troubles anxieux ?
- Le quotidien précis : une journée type de votre enfant, du réveil au coucher
- Les difficultés concrètes : à l'école, à la maison, avec les copains,
- Les tentatives de solutions : qu'est-ce qui a déjà été essayé ?
Consultation 2 : l'observation et l'examen de l'enfant
Il est recommandé d'évaluer le développement physique de l'enfant incluant un examen clinique général, comprenant un examen morphologique (poids, taille, IMC, courbe de croissance, périmètre crânien).
Le médecin va :
- Observer comment votre enfant se comporte (agitation, attention, impulsivité),
- Faire un examen clinique complet (croissance, audition, vision, examen neurologique),
- Discuter avec votre enfant (selon son âge) : comment il vit ses difficultés, ce qu'il ressent.
Attention : votre enfant peut être parfaitement calme et concentré pendant la consultation. C'est normal ! En situation duelle (relation à deux), l'attention peut être maintenue. Le diagnostic ne repose pas uniquement sur ce qui se passe en consultation.
Consultation 3 : l’analyse des questionnaires et observations extérieures
Il est recommandé, en accord avec les parents et l'enfant, de recueillir auprès des différents professionnels intervenant dans la vie de l'enfant des informations sur le plan des apprentissages, des attitudes et du comportement.
Le médecin va compiler :
- Vos réponses aux questionnaires
- Les réponses de l'enseignant
- Les observations d'autres adultes (animateurs, famille élargie...).
Consultation 4 : le diagnostic et les recommandations
C'est LE moment. Le médecin vous explique :
- S'il pose le diagnostic de TDAH (et quel type : inattentif, hyperactif/impulsif, mixte)
- La sévérité (légère, modérée, sévère)
- Les éventuels troubles associés (comorbidités)
- Les recommandations thérapeutiques
Il est recommandé que le praticien remette aux parents et aux professionnels impliqués dans le parcours de soin de l'enfant un compte rendu de l'évaluation diagnostique.
Étape 3 : les bilans complémentaires (si nécessaire)
Attendez, on vous a peut-être parlé de bilans complémentaires. Mais c'est obligatoire ? Non. Pour poser le diagnostic de TDAH, le bilan neuropsychologique n'est pas un examen nécessaire. Mais alors, pourquoi en faire ?
Le bilan neuropsychologique
- C'est quoi ? Une évaluation approfondie des fonctions cognitives (attention, mémoire, fonctions exécutives, QI)
- Quand ? En présence de plusieurs troubles associés, d'une suspicion de trouble du développement intellectuel ou de symptômes sévères, il est recommandé de disposer d'un bilan neuropsychologique pour établir un plan de soin
- Combien de temps ? 2 à 4 heures (souvent réparties sur plusieurs séances)
- Combien ça coûte ? 200 à 600€ (rarement remboursé, sauf PCO).
Le bilan orthophonique
- Pour évaluer le langage oral et écrit,
- Indiqué si suspicion de dyslexie, dysphasie, trouble du langage.
Le bilan psychomoteur
- Pour évaluer la motricité, l'équilibre, la coordination,
- Indiqué si votre enfant est maladroit, a du mal en sport, en graphisme.
Le bilan ergothérapique
- Pour évaluer l'autonomie dans les gestes du quotidien,
- Indiqué si difficultés pour s'habiller, manger proprement, écrire, découper...
Le diagnostic de TDAH et la mise en place d'interventions thérapeutiques peuvent se faire sans attendre la réalisation de ces bilans.
Traduction : on peut commencer à aider votre enfant avant même d'avoir tous les bilans. Logique, non ?
Étape 4 : le compte-rendu diagnostique
Ce document est ESSENTIEL. Gardez-le précieusement. Ce qu'il contient :
- Le diagnostic posé (ou non)
- Le type de TDAH (inattentif / hyperactif-impulsif / mixte)
- Le niveau de sévérité (léger / modéré / sévère)
- Les comorbidités éventuelles
- Les recommandations de prise en charge
- Les aménagements scolaires préconisés
À quoi il sert :
- Mettre en place un PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé) à l'école
- Saisir la MDPH si nécessaire (reconnaissance de handicap, AESH, AEEH...)
- Démarrer les thérapies recommandées
- Justifier d'aménagements aux examens (tiers-temps, pauses...).
Combien de temps ça prend ?
- En théorie : 2 à 3 mois entre la première consultation et le diagnostic posé.
- En pratique : 6 mois à 2 ans. Voire plus.
Pourquoi ? Le manque de professionnels formés au TDAH entraîne un retard d'accès aux soins et donc un retard de diagnostic.
Notre conseil : ne restez pas les bras croisés en attendant le diagnostic. Tous les outils que nous développons dans nos programmes sont applicables dès maintenant. Pas besoin d'attendre le papier officiel pour soulager le quotidien.
Les outils et questionnaires du diagnostic TDAH
Vous allez entendre parler de plein d'acronymes barbares. On démystifie tout ça.
Les échelles pour parents et enseignants
SNAP-IV (accessible gratuitement)
- 26 questions rapides,
- Version parents + version enseignants,
- Évalue les 3 dimensions du TDAH + le trouble oppositionnel,
- Temps de remplissage : 10 minutes,
- L'échelle SNAP-IV est un outil de dépistage utilisable par le médecin de proximité.
Échelles de Conners
- Plus complètes (80 à 110 questions selon la version),
- Version parents, enseignants, enfant (>10 ans),
- Évaluent TDAH + troubles associés (anxiété, opposition...),
- Temps de remplissage : 20-30 minutes,
- Payantes.
ADHD-RS (Echelle d'évaluation du TDAH)
- 18 questions basées sur les critères diagnostiques officiels
- Version parents + enseignants
- Temps de remplissage : 10 minutes.
Les entretiens diagnostiques structurés
Pour les médecins qui veulent être encore plus rigoureux :
KIDDIE-SADS
- Entretien psychiatrique complet,
- Explore TDAH + tous les troubles psychiatriques de l'enfant,
- Durée : 1h30 à 2h.
Young DIVA
- Entretien semi-structuré spécifique au TDAH,
- Version enfant/adolescent,
- Durée : 1h.
Ces échelles ne sont PAS des tests diagnostiques. On le répète parce que c'est important. Les échelles spécifiques au TDAH ne sont pas des échelles diagnostiques. Elles peuvent aider au recueil d'informations préalable au diagnostic et sont utilisables aussi pour le suivi de l'évolution des symptômes.
Elles servent à :
- Structurer l'observation
- Quantifier les symptômes
- Comparer différentes sources (vous, l'enseignant)
- Suivre l'évolution dans le temps
Mais c'est le médecin qui pose le diagnostic, pas le questionnaire. Make sense…
Après le diagnostic TDAH : les premières actions à mener
Ça y est. Le diagnostic est posé. Vous avez le papier officiel dans les mains. Et maintenant ? Que se passe-t-il alors ? On respire. Et on passe à l'action.
1. Annoncer le diagnostic à votre enfant
C'est peut-être le moment le plus délicat. Comment lui dire ?
Adaptez votre discours à son âge
Pour les 6-8 ans : "Tu sais, ton cerveau fonctionne un peu différemment. C'est pour ça que c'est plus difficile pour toi de rester concentré ou de rester tranquille. Mais ce n'est pas de ta faute. Et maintenant qu'on le sait, on va pouvoir t'aider avec des outils et des astuces."
Pour les 9-12 ans : "On a découvert que tu as ce qu'on appelle un TDAH. Ça veut dire que ton cerveau fonctionne très vite, mais qu'il a du mal à trier toutes les informations. C'est pour ça que tu as du mal à te concentrer, que tu bouges beaucoup, que tu réponds vite... Plein de gens ont un TDAH et réussissent très bien dans la vie. On va juste apprendre ensemble à mieux gérer ton cerveau rapide."
Pour les ados : soyez franc. Expliquez le trouble, ses conséquences, mais aussi ses forces (créativité, hyperfocus, énergie). Montrez-lui qu'avec les bons outils, il peut révéler tout son potentiel.
Les 3 messages essentiels à faire passer 1. Ce n'est pas de ta faute. Tu n'es pas paresseux, tu n'es pas bête, tu n'es pas méchant. Ton cerveau fonctionne différemment, c'est tout 2. Tu as plein de qualités. Le TDAH, c'est aussi de la créativité, de l'énergie, des idées qui fusent, une capacité à être passionné...
3. On va t'aider. Maintenant qu'on sait, on a des solutions. Des outils, des aménagements, des personnes qui vont t'accompagner.
2. Informer l'école (et obtenir des aménagements rapidement)
Qui prévenir ?
- L'enseignant (en priorité),
- Le directeur / chef d'établissement,
- Le médecin scolaire ou l'infirmière scolaire.
Comment ? Demandez un rendez-vous avec l'enseignant. Apportez le compte-rendu diagnostique. Expliquez les difficultés de votre enfant et ce qui peut l'aider.
Mettre en place des aménagements AVANT MÊME le PAP
Il est recommandé que les aménagements pédagogiques soient mis en place le plus rapidement possible, avant même la formalisation du PAP ou le rapprochement avec la MDPH.
Concrètement :
- Place au premier rang, loin des distractions
- Consignes écrites au tableau + répétées oralement
- Temps supplémentaire pour finir les évaluations
- Autorisation de manipuler un objet (balle anti-stress)
- Pauses autorisées
- Encouragements réguliers.
Formaliser avec un PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé)
Le PAP est un document qui liste tous les aménagements pédagogiques dont votre enfant a besoin.
Il est élaboré par l'équipe pédagogique en y associant l'enfant, les parents et les professionnels concernés. La mise en place du PAP nécessite l'avis préalable d'un médecin, en priorité le médecin scolaire.
Le PAP suit votre enfant tout au long de sa scolarité, y compris en cas de changement d'établissement.
Si le PAP ne suffit pas : saisir la MDPH
Il est recommandé de proposer aux parents de saisir la MDPH lorsqu'un plan de compensation est nécessaire, que ce soit par l'intensité du trouble et/ou l'existence de comorbidités, malgré la mise en place d'interventions thérapeutiques adaptées.
La MDPH peut notifier :
- Un PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) avec des aménagements plus poussés,
- Une AESH (accompagnant d'élève en situation de handicap) si besoin,
- Une AEEH (allocation d'éducation de l'enfant handicapé) pour compenser les frais liés au handicap,
- Du matériel pédagogique adapté.
3. Construire le projet thérapeutique
Selon les recommandations HAS 2024, la prise en charge du TDAH repose sur une approche multimodale. Ça veut dire : plusieurs interventions combinées, adaptées aux besoins de votre enfant.
Les interventions non médicamenteuses : en priorité
Il est recommandé de proposer systématiquement des interventions non médicamenteuses.
Cela inclut :
- Psychoéducation : expliquer le TDAH à vous et à votre enfant
- Programme d'Entraînement aux Habiletés Parentales (PEHP) : pour apprendre des stratégies éducatives adaptées (ex : programme Barkley)
- Aménagements scolaires : PAP, adaptations pédagogiques
- Rééducations si besoin : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie selon les difficultés
- Thérapies cognitives et comportementales (TCC) : en cas d'anxiété, de troubles émotionnels, de difficultés relationnelles
- Activité physique régulière : au moins 30 minutes 3 fois par semaine.
Pour info : je l’ai déjà abordé dans l’article dédié au traitement TDAH.
Le traitement médicamenteux (si nécessaire)
Le méthylphénidate peut être proposé lorsque les approches non médicamenteuses ne suffisent pas. Il n'est jamais prescrit seul et s'accompagne toujours d'aménagements éducatifs et de thérapies.
La décision de recourir au traitement médicamenteux vous appartient, en lien avec le médecin spécialisé. Elle dépend de l'évolution des symptômes, de l'impact sur la scolarité et le bien-être familial, et de l'efficacité des autres interventions déjà mises en place.
L'important : c'est l'approche globale qui prend en compte tous les aspects du bien-être de votre enfant. Et ça aussi je l’ai développé dans l’article “traitement”.
4. S'entourer et se faire accompagner
Vous n'êtes pas seul.e sur cette route. Voici vos co-pilotes…
Les associations de parents
HyperSupers-TDAH France : LA référence en France
- Groupes de parole
- Formations pour parents
- Outils pratiques téléchargeables
- Site : tdah-france.fr
TDAH Partout Pareil
- Antennes locales,
- Rencontres entre familles.
Les Programmes d'Entraînement aux Habiletés Parentales (PEHP)
Dès que le diagnostic de TDAH est posé, il est recommandé de proposer en première intention le suivi d'un Programme d'Entraînement aux Habiletés Parentales (PEHP).
Ces programmes vous apprennent concrètement :
- À adapter vos stratégies éducatives
- À gérer les crises
- À renforcer les comportements positifs
- À réduire les conflits
Programmes validés en France :
- Programme Barkley,
- Mieux vivre avec le TDAH à la maison (Line Massé),
- Ces années incroyables (Incredible Years).
Ils peuvent être proposés en groupe (recommandé) ou en individuel, en présentiel ou en distanciel.
Notre équipe d'experts est là pour vous accompagner dans l'épanouissement de votre enfant.