Le TDAH : un club de garçons ? Pas si vite
Quand on pense TDAH, on imagine spontanément ce garçon turbulent qui ne tient pas en place, qui dérange en classe, qui répond avant qu'on ait fini la question. Cette image n'est pas fausse... mais elle est terriblement incomplète.
La réalité ? Les chiffres varient énormément selon les études : de 2 à 9 garçons pour 1 fille diagnostiquée (American Psychiatric Association, 2000). En France, selon la dernière étude nationale Enabee (2022) portant sur plus de 8 000 enfants de 6 à 11 ans, les garçons sont 3,5 fois plus nombreux à présenter un TDAH probable que les filles (5,0 % contre 1,4 %).
En Suisse, les chiffres le prouvent : entre 2002 et 2005, on a constaté une augmentation significative du nombre de filles diagnostiquées avec un TDAH Canton de Vaud (Huissoud, Gumy et Du- bois-Arber, 2008). Pas parce que le trouble est devenu plus fréquent, mais parce qu'on a enfin commencé à regarder du bon côté.
Pourquoi ce déséquilibre ? Parce que le TDAH se déguise différemment chez elles. Comme un papillon qui aurait appris à voler en silence pour ne pas déranger.
Un éclairage à nuancer : les données présentées dans cet article s'appuient sur des études principalement nord-américaines et suisses, parfois datant des années 2000-2010. En France, la recherche spécifique sur le TDAH au féminin reste encore limitée.
L'art du camouflage : quand les filles deviennent des expertes de l'invisibilité
Imaginez Emma, 9 ans. En classe, elle semble modèle : elle reste assise, ne dérange personne, sourit gentiment à la maîtresse. Mais dans sa tête ? C'est le chaos. Elle pense à son chat, au dessin qu'elle voudrait faire ce soir, à cette phrase bizarre que sa copine lui a dite à la récré. Elle n'a pas entendu les trois quarts de la leçon.
Les filles avec un TDAH excellent dans l'art du camouflage social. Elles ont appris très tôt qu'on attend d'elles qu'elles soient sages, organisées, coopératives. Alors elles compensent. Elles travaillent deux fois plus dur. Elles restent éveillées jusqu'à minuit pour finir ce devoir qu'elles ont oublié. Elles sourient quand on les appelle "écervelées" ou "dans la lune".
Le problème ? Ce camouflage a un coût énorme.
À force de compenser sans aide, ces filles développent :
- Une anxiété chronique ("Si je ne travaille pas encore plus, je vais échouer"),
- Une estime de soi fragilisée ("Je dois être stupide, tout le monde y arrive sauf moi") — d'ailleurs, les études montrent que les filles avec TDAH ont une bien plus mauvaise estime d'elles-mêmes que les garçons avec TDAH
- Un épuisement émotionnel (l'effort constant pour "faire semblant" d'être normale)
- Des troubles alimentaires (anorexie, boulimie) ou des comportements à risque à l'adolescence.
Je développe ces points en détail dans la suite de l’article.
Pendant ce temps, Théo, lui, a été repéré dès le CP. Il bénéficie d'aménagements scolaires, d'un suivi régulier, de stratégies adaptées. Emma ? Elle continue de croire que c'est "juste elle" qui ne fait pas assez d'efforts.
Un enfant peut être turbulent, distrait, speed... sans avoir de TDAH. C'est le retentissement qui fait basculer dans le trouble. Demandez-vous : est-ce que mon enfant souffre de son fonctionnement ? Est-ce que ça abîme son estime de lui ? Si oui, il est temps de consulter.
Le TDAH chez les filles : un regard différent
Sébastien Henrad a rappelé un fait marquant dans sa conférence “Femme et TDAH” : à symptômes égaux, les professionnels de santé ne diagnostiquent pas autant les filles que les garçons (Brüchmuller et al., 2012). À partir de cas cliniques identiques, ils interprètent donc les symptômes différemment selon le genre.
Le type "inattentif"
Voici un autre fait essentiel : les filles ont généralement plus de caractéristiques inattentives que les garçons (APA, 2015; Loyer Carbonneau et al., 2021). Et c'est justement ce type-là qui passe le plus inaperçu, car ses symptômes dérangent moins l'entourage que l'hyperactivité.
Cette prédominance du type inattentif n'est pas un hasard. Elle s'explique par des différences neurobiologiques :
- Maturation cérébrale différente : les filles bénéficient d'une maturation cérébrale plus précoce que les garçons pendant l'enfance. Cette longueur d'avance leur permet de compenser les symptômes d'hyperactivité et d'impulsivité... jusqu'à la puberté.
- L'impact de la puberté : à l'adolescence, la donne change. Avec l'arrivée des premières règles et les fluctuations hormonales qui s'installent, les symptômes peuvent soudainement s'intensifier. Les stratégies de compensation qui fonctionnaient jusqu'alors deviennent insuffisantes.
Concrètement, qu'est-ce que ça donne ?
Elle est "dans son monde"
- Pendant que vous lui expliquez comment préparer son sac pour demain, elle observe une tache sur le mur
- Elle a l'air de vous écouter (elle hoche même la tête) mais 5 minutes après, elle ne se souvient de rien
- En classe, elle regarde l'enseignant.e mais pense à 1000 autres choses.
Elle oublie tout
- Ses affaires de sport pour la 3ème fois ce mois-ci,
- Sa récitation à préparer pour demain,
- Où elle a mis son doudou (il est dans le frigo, ne me demandez pas pourquoi).
Elle procrastine de manière olympique
- Commence ses leçons le dimanche à 18h alors qu'elle avait tout le week-end,
- Lance 15 projets créatifs... et n'en termine aucun,
- Se sent paralysée devant une tâche qui lui semble insurmontable.
Elle se dévalorise constamment
- "Je suis nulle", "Je n'y arriverai jamais", "Je ne suis pas assez intelligente",
- Elle attribue ses difficultés à un défaut personnel, pas à un trouble neurologique.
Le type "hyperactif"
Attention, l'hyperactivité chez les filles ne ressemble PAS à celle des garçons.
Elle ne grimpe pas aux rideaux : elle papillonne
- En classe, elle se lève "pour aider la maîtresse",
- Elle passe d'un groupe d'amies à l'autre pendant la récré,
- Elle s'inscrit à 7 activités extra-scolaires (natation, danse, théâtre, dessin...).
Elle a "la tchatche"
- Elle parle, parle, parle... sans jamais s'arrêter,
- Elle interrompt les conversations (mais avec le sourire),
- Elle raconte sa vie en détail, change de sujet 10 fois en 2 minutes.
Elle est le "leader" du groupe
- Elle organise les jeux, dirige les activités,
- Mais elle panique quand il faut vraiment prendre une décision,
- Ses amies l'aident souvent à s'organiser, retrouver ses affaires, terminer ses idées.
Elle est téméraire
- Elle prend des risques sans réfléchir aux conséquences,
- Elle teste les limites constamment,
- Elle ne semble pas apprendre de ses erreurs.
Pensez au diagnostic comme à des lunettes. Votre enfant voit flou depuis toujours. Le diagnostic, c'est la prescription qui permet enfin de voir net. Vous ne lui "donnez" pas un trouble, vous lui donnez les moyens de mieux vivre avec.
Garçons vs filles : des troubles associés très différents
Voici une différence majeure qui explique pourquoi les filles passent sous le radar : les troubles qui accompagnent le TDAH ne sont pas les mêmes selon le sexe.
Chez les garçons : des troubles "bruyants"
Les garçons avec TDAH présentent davantage de troubles externalisés :
- Trouble oppositionnel avec provocation (TOP),
- Trouble des conduites,
- Agressivité physique,
- Comportements perturbateurs en classe
Ces comportements dérangent. Ils attirent l'attention. Ils obligent les adultes à réagir.
Un risque particulier : les troubles alimentaires
Les filles avec un TDAH sont 3,6 fois plus susceptibles de développer un trouble alimentaire (anorexie, boulimie) que les filles sans TDAH*.
Pourquoi ? Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- L'impulsivité qui peut mener à des comportements alimentaires compulsifs,
- La faible estime de soi et les difficultés avec l'image corporelle,
- Le besoin de contrôle dans au moins un domaine de leur vie,
- Les médicaments stimulants coupent l'appétit et peuvent déclencher une relation problématique à la nourriture.
Ce risque nécessite une surveillance attentive, particulièrement à l'adolescence.
Source * : Are girls with ADHD at risk for eating disorders? Results from a controlled, five-year prospective study, Biederman J, Ball SW, Monuteaux MC, Surman CB, Johnson JL, Zeitlin S., Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics, 2007
Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir nos derniers conseils et actualités.
TDAH chez les filles : une souffrance silencieuse
Les filles avec TDAH présentent davantage de troubles internalisés :
- Anxiété,
- Dépression,
- Troubles alimentaires (anorexie, boulimie),
- Faible confiance en soi.
Un constat français récent le confirme : l'étude Enabee (2022), première grande enquête nationale sur la santé mentale des enfants, montre que chez les 6-11 ans, les troubles émotionnels (anxiété, dépression) touchent 6,6 % des filles contre 4,6 % des garçons. À l'inverse, les troubles du comportement sont nettement plus fréquents chez les garçons.
Résultat ? On diagnostique et traite l'anxiété ou la dépression, sans voir le TDAH qui se cache dessous.
L'évolution du TDAH : pourquoi les filles souffrent plus longtemps
Le pic de l'adolescence
Les symptômes du TDAH atteignent généralement leur sommet vers le milieu de l'adolescence, puis ont tendance à diminuer. Mais attention : cette diminution concerne surtout les symptômes d'hyperactivité/impulsivité.
Les symptômes d'inattention, eux, persistent bien davantage dans le temps.
Or, rappelez-vous : les filles présentent majoritairement le type inattentif. Elles sont donc plus susceptibles de conserver ces difficultés jusqu'à l'âge adulte.
Zoom sur le cycle menstruel
Pour les adolescentes et les femmes avec un TDAH, le cycle menstruel ajoute une couche de complexité :
1. La phase prémenstruelle
Dans les jours qui précèdent les règles, certaines jeunes filles connaissent une aggravation marquée de leurs symptômes :
- L'inattention devient encore plus prononcée,
- L'irritabilité explose,
- La dysrégulation émotionnelle atteint des sommets,
- La fatigue s'intensifie.
2. Le syndrome dysphorique prémenstruel
Certaines développent même un trouble dysphorique prémenstruel, une forme sévère du syndrome prémenstruel avec :
- Humeur dépressive marquée,
- Anxiété intense,
- Labilité émotionnelle importante,
- Parfois même des idées suicidaires.
Cette période du cycle nécessite une vigilance particulière et peut nécessiter des ajustements dans la prise en charge.
Une persistance plus marquée chez les filles
Les chiffres sur la persistance du TDAH à l'âge adulte varient selon les études :
“L’étude de Biederman et al. (2008b) illustre en effet que 81 % des filles qui ont un TDAH à l’enfance l’auront toujours à l’âge adulte alors que ce taux est de 55 % chez les garçons (Biederman et al., 2008a). L’étude populationnelle de Kessler et al. (2005) rapporte des taux de persistance à l’âge adulte semblable pour les garçons (39,7 %) mais très inférieurs pour les filles (31,5 %).” **
Ces différences par les méthodes d’évaluation utilisées. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental : il ne disparaît pas avec l’âge. En revanche, ce qui est évolue c’est :
- L'intensité des symptômes : l'hyperactivité diminue naturellement avec la maturation cérébrale,
- Le retentissement fonctionnel : avec le temps, on apprend à s'adapter, à mettre en place des stratégies compensatoires, à organiser son environnement,
- Les critères diagnostiques : un adulte qui a appris à gérer son TDAH peut ne plus répondre aux critères du DSM-5 (qui exigent un "retentissement significatif"), mais il VIT toujours avec le trouble
Autrement dit : une adulte qui avait un TDAH enfant l'a toujours. Mais si elle a bénéficié d'un accompagnement adapté, si elle a structuré sa vie en fonction de son fonctionnement (métier qui lui convient, outils d'organisation, soutien de l'entourage), le retentissement devient moins important.
La nuance est importante : ce n'est pas le TDAH qui disparaît, c'est son impact qui diminue grâce aux adaptations mises en place.
Source ** : extrait du Mémoire de Catherine Dufour, présenté dans le cadre du Programme de Maîtrise en psychoéducation de l’Université de Sherbrooke. Évolution des problèmes de conduite chez les filles et les garçons d’âge scolaire primaire : Rôle de la cooccurrence successive des problèmes d'opposition, d'inattention et d'hyperactivité/impulsivité.
Ces différences dans les résultats des études montrent que le sujet est complexe et encore en cours d'exploration. Mais une chose est claire : le type inattentif, prédominant chez les filles, influence le taux de persistance du trouble.
Résultat ? Des décennies de lutte silencieuse, d'épuisement, de sentiment d'imposture.
14 signes qui peuvent évoquer un TDAH chez votre fille
Votre fille présente plusieurs de ces comportements de manière persistante, intense et dans plusieurs contextes (maison, école, activités) ?
À l'école et pour les devoirs
1. Les devoirs durent des heures : elle se distrait, oublie ce qu'elle fait, 2. Ses résultats ne reflètent pas ses efforts : elle travaille énormément mais les notes ne suivent pas, 3. Elle décroche en lecture : elle comprend les faits mais ne retient pas les liens entre les idées, oublie les consignes.
Dans la vie quotidienne
4. Elle oublie systématiquement ses affaires : gourde, jouets, livres…
5. Elle perd régulièrement ses effets personnels : taille-crayon, paire de gants, boîte à goûter…
6. Elle est toujours en retard : même quand elle a eu 3 rappels et qu'elle "était prête".
Dans les relation sociales
7. Ses amitiés sont compliquées : elle ne capte pas les codes sociaux, dit des choses maladroites, perd le fil des conversations,
8. Elle parle énormément : monopolise la parole, interrompt, change de sujet sans cesse,
9. Elle a besoin qu'on l'aide à s'organiser : ses amies prennent naturellement le relais pour la guider, lui rappeler les choses.
Dans son comportement général
10. Elle lance mille projets... qu'elle ne termine jamais : enthousiasme initial immense, abandon rapide,
11. Elle ne tire pas de leçons des conséquences : répète les mêmes erreurs malgré les rappels,
12. Elle vit des montagnes russes émotionnelles : passe de l'euphorie à l'effondrement en quelques minutes pour un détail, 13. Elle semble anxieuse et indécise : paralysée devant les choix, besoin qu'on la rassure constamment,
14. Elle compense par l'hyperactivité organisée : s'épuise dans une multitude d'activités pour "canaliser" son agitation intérieure.
Pourquoi on passe à côté du TDAH chez les filles
Des critères diagnostiques pensés pour les garçons
Les tests et questionnaires utilisés pour diagnostiquer le TDAH ont été élaborés à partir d'études menées... principalement sur des garçons. Les symptômes "typiques" décrits sont donc masculins.
Résultat ? Les filles obtiennent des scores plus faibles sur ces échelles, même quand elles souffrent autant (voire plus) que les garçons au quotidien.
Des attentes sociales différentes
On attend des filles qu'elles soient :
- Calmes et posées,
- Organisées et méthodiques,
- Obéissantes et coopératives,
- Douées pour la communication,
- Quand une fille ne répond pas à ces attentes, on trouve des excuses : "Elle est artiste", "C'est une rêveuse", "Elle a la tête dans les nuages". On minimise. On romantise. On ne diagnostique pas.
Ces comportements positifs créent une illusion de fonctionnement optimal. Les adultes voient une enfant serviable, peut-être un peu dans la lune, mais certainement pas "problématique".
Résultat ? Ses difficultés d'attention, d'organisation et de régulation émotionnelle passent complètement inaperçues.
Pendant ce temps, un garçon qui grimpe sur les tables sera immédiatement repéré comme "ayant un problème".
L’anxiété qui masque l’impulsivité
Beaucoup de filles avec un TDAH développent une anxiété qui "contrôle" leur impulsivité. Elles ont tellement peur de mal faire, de décevoir, qu'elles se freinent constamment.
Du coup, on diagnostique... l'anxiété. Et on passe à côté du TDAH sous-jacent.
Les conséquences d'un diagnostic tardif
Quand le TDAH n'est pas diagnostiqué pendant l'enfance, les filles paient un lourd tribut :
À l’adolescence
- Décrochage scolaire ou résultats bien en-dessous de leur potentiel,
- Troubles alimentaires (anorexie, boulimie) : les filles avec TDAH sont particulièrement à risque,
- Comportements à risque : relations sexuelles non protégées, abus de substances,
- Problèmes de santé mentale : anxiété, dépression, automutilation,
- Vulnérabilité accrue face aux événements négatifs de la vie,
- Grossesses précoces et non planifiées : l'impulsivité et les difficultés à anticiper les conséquences peuvent mener à des comportements sexuels à risque
- Vulnérabilité accrue dans les relations : difficulté à repérer les signaux d'alerte dans les relations toxiques ou abusives.
À l’âge adulte
- Épuisement professionnel (burnout),
- Difficultés relationnelles chroniques,
- Sentiment d'imposture permanent,
- Dépression et troubles anxieux installés,
- Retentissement lié au TDAH est plus important chez les femmes,
Ces femmes arrivent souvent en consultation pour anxiété ou dépression. On leur prescrit des antidépresseurs. Mais tant qu'on ne traite pas le TDAH à la racine, elles continuent de lutter.
Que faire si vous reconnaissez votre fille ?
1. Faites confiance à votre instinct
Vous connaissez votre enfant mieux que personne. Si vous sentez que "quelque chose ne va pas", même si elle a de bonnes notes, même si elle est "sage en classe", écoutez votre intuition.
2. Consultez un professionnel formé au TDAH féminin
Tous les professionnels ne sont pas égaux face au TDAH chez les filles. Cherchez un psychologue, pédiatre, neuropsychologue, psychiatre ou neurologue spécialisé en TDAH.
- Qui connaît spécifiquement les manifestations féminines du trouble,
- Qui utilise des outils d'évaluation adaptés (pas seulement des échelles standardisées masculines).
3. Documentez son quotidien
Avant la consultation, notez des exemples concrets :
- Combien de temps prennent réellement les devoirs ?
- Quels objets perd-elle régulièrement ?
- Comment se passent ses interactions sociales ?
- Quelles stratégies met-elle en place pour compenser ?
- Présente-t-elle des signes d'anxiété ou de troubles alimentaires ?
Ces détails aideront le professionnel à voir au-delà du "elle est sage en classe".
4. Accompagnez-la avec bienveillance
Si le diagnostic est confirmé, votre fille a besoin de comprendre que :
- Ce n'est pas sa faute,
- Son cerveau fonctionne différemment, ce n'est pas un défaut de caractère,
- Elle n'est pas "paresseuse" ou "stupide",
- Avec les bons outils, elle peut absolument s'épanouir.
Les aménagements qui changent tout
Une fois le diagnostic posé, plusieurs pistes d'accompagnement existent :
À la maison
- Routines visuelles : checklist illustrées pour le matin, le soir, les devoirs,
- Système de rappels : alarmes, post-it, applications de gestion du temps,
- Espace de travail adapté : calme, épuré, sans distractions,
- Pauses actives : bouger entre deux exercices pour "vider" l'énergie mentale.
À l’école
- Temps supplémentaire pour les examens et les devoirs,
- Support visuel : consignes écrites en plus des consignes orales,
- Place stratégique : devant la classe, loin des fenêtres et des copains bavards,
- Découpage des tâches : une grande mission devient plusieurs petites étapes.
Le suivi professionnel
- Orthophonie : pour l'organisation des idées, la compréhension des consignes,
- Neuropsychologie : pour renforcer les fonctions exécutives (planification, mémoire de travail),
- Psychoéducation : pour comprendre son fonctionnement et développer des stratégies,
- Suivi psychologique : pour travailler sur l'estime de soi, l'anxiété et les troubles internalisés,
- Médication (si nécessaire) : après évaluation par un médecin spécialisé.
Le message que toute fille avec un TDAH devrait entendre
Si votre fille a un TDAH, voici ce qu'elle doit savoir :
- Tu n'es pas "trop" quoi que ce soit. Tu n'es pas trop distraite, trop bavarde, trop désorganisée. Tu as un cerveau magnifique qui fonctionne différemment.
- Ce n'est pas un manque d'effort. Tu travailles même probablement DEUX FOIS plus dur que tes camarades pour obtenir les mêmes résultats. Et c'est épuisant.
- Tu as le droit d'avoir besoin d'aide. Les lunettes aident à mieux voir. Les stratégies pour le TDAH aident ton cerveau à mieux fonctionner. C'est exactement pareil.
- Tu as des super-pouvoirs. Oui, vraiment. Ta créativité débordante, ta capacité à faire des liens inattendus, ton énergie contagieuse, ton hyperfocus quand quelque chose te passionne... tout ça, c'est précieux.
- Et surtout : tu es parfaite exactement comme tu es.
TDAH chez les filles : ce qu’il faut retenir
Votre fille rêveuse qui oublie tout ? Elle n'est pas "juste étourdie". Votre fille bavarde qui papillonne ? Elle n'est pas "juste exubérante". Votre fille brillante qui s'effondre à l'adolescence ? Ce n'est pas "juste l'âge difficile".
Peut-être qu'elle a un TDAH qui attend simplement d'être reconnu. Un TDAH qui se manifeste différemment, plus silencieusement, mais qui l'épuise tout autant — peut-être même davantage, puisqu'elle doit constamment compenser, masquer, faire semblant.
Parce que voir l'invisible, c'est offrir à nos filles la possibilité d'arrêter de lutter seules dans l'ombre et de voler enfin à leur pleine puissance. Sans avoir à prouver qu'elles souffrent assez pour mériter de l'aide.
Notre équipe d'experts est là pour vous accompagner dans l'épanouissement de votre enfant.
Bibliographie :
- Les interventions auprès des filles présentant un TDAH, Université du Québec à Trois-Rivières, août 2024,
- Évolution des problèmes de conduite chez les filles et les garçons d’âge scolaire primaire : Rôle de la cooccurrence successive des problèmes d'opposition, d'inattention et d'hyperactivité/impulsivité, Université de Sherbrooke, janvier 2015
- Le trouble déficit de l’attention / hyperactivité : état des recherches et traitement pharmacologique, Eric Tardif, Pauline Farinon & Alessandra Furnari, Fondation Centre Suisse de pédagogie spécialisée,
- Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) au féminin : spécificités épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques chez l’enfant et l’adolescent : une revue narrative de la littérature, Université de Bordeaux, UFR des Sciences médicales, mémoire de Laurie Marine Hideux, juin 2024.
- Étude nationale sur le bien-être des enfants, Enabee pour Santé Public France, juin 2023.